Le bilan neuropsychologique chez l’adulte vieillissant

Capacités cognitives et vieillissement

Dans le cadre du vieillissement, chez toute personne, à partir de 50 ans, s’observe des diminutions de certaines capacités cognitives et la cristallisation de certaines formes d’intelligences.

Si les noms propres échappent de plus en plus, la capacité à utiliser son expérience de vie rend certains types de raisonnements plus faciles.

Pour d’autres, l’apparition de troubles de la mémoire, de nouveaux comportements ou des changements de personnalité viendront interroger la personne ou son entourage sur le besoin d’un bilan cognitif.

La possibilité de passer un bilan neuropsychologique orienté gériatrie peut ainsi permettre d’y voir plus clair.

 

La mémoire devient plus défaillante chez certaines personnes avec l’âge.

Pas forcément la mémoire lointaine, celle de l’enfance, mais davantage celle des faits récents. Des événements de la semaine dernière ou même des choses qui ont été racontées la veille.

S’il peut s’agir de conséquences de la fatigue, du stress, de l’anxiété, d’une dépression ou toute autre forme d’épuisement psychique qui vient se répercuter sur la mémoire, il peut également s’agir d’une entrée dans un vieillissement cognitif dit pathologique.

Pourquoi faire un bilan neuropsychologique en vieillissant ?

La passation d’un bilan neuropsychologique complet permet de guider les diagnostics et de mieux savoir d’où viendrait les difficultés rencontrées : continuité normale du vieillissement cognitif, atteinte dans le cadre d’un vieillissement pathologique ou conséquences d’un trouble de l’humeur. Ainsi toute évaluation neuropsychologique d’une personne âgée retrace l’histoire de vie de la personne et examine la sphère psycho-affective avant d’engager une investigation cognitive à proprement parler.

Cette investigation porte sur l’orientation dans le temps et dans l’espace, les fonctions exécutives dont les fonctions attentionnelles, les différents types de mémoires et l’ensemble des fonctions dites instrumentales (langage, gnosies, praxies, etc.) avec des outils standardisés prenant en compte l’âge et le niveau socio-professionnel de la personne.

 

Les peurs entourant la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées rendent parfois difficile l’idée d’aller voir un psychologue. Des entretiens préalables peuvent tout à fait amener la personne à établir sa volonté ou non de passer un bilan neuropsychologique.

La maladie d’Alzheimer étant d’évolution progressive, la passation d’un bilan peut se réfléchir au rythme de la personne concernée. Etant la cause principale de dépendance lourde chez la personne âgée et le motif principal d’entrée en institution, le cheminement diagnostic se doit d’être fait dans le respect et l’assentiment de la personne.

A noter que l’évolution se fait sur plusieurs années avec l’apparition d’une dépendance progressive avec un retentissement sur les activités de la vie quotidienne comme les tâches administratives, la toilette, l’habillage, l’alimentation, le déplacement.

L’engagement de l’entourage dans la vie quotidienne de la personne aidée se faisant de manière croissante au fil des années et de la progression de la maladie.

Quand faire un bilan cognitif pour un adulte vieillissant ?

Si vous ou votre proche se reconnaît dans les situations suivantes, alors un bilan neuropsychologique pourrait être préconisé :

  • Demander la même information à plusieurs reprises sur un lapse de temps court
  • Ne plus savoir assurer le suivi de ses factures ou la déclaration de ses impôts
  • Avoir des doutes sur comment on s’est rendu à un endroit
  • Se sentir confus dans les jours et les mois
  • Égarer les objets de de la vie quotidienne en les rangeant dans des endroits incongrus
  • S’arrêter au milieu d’une conversation et n’avoir aucune idée de comment la poursuivre même en ayant le contexte de la conversation
  • Se retrouver en grande difficulté pour planifier les tâches familières comme la préparation d’un repas

Un bilan neuropsychologique dans les premiers stades d’une maladie neuro évolutive permet la mise en place d’un accompagnement médico-psycho-social global et d’apporter des informations sur la maladie afin de proposer à la personne d’être le plus possible acteur de ses choix de prises en charge.

Une telle démarche vise à tendre vers une meilleure qualité de vie le plus longtemps possible pour la personne aidée et les aidants.

Le plus tôt le bilan cognitif se fait, le plus tôt peut être mis en place les mesures de prévention et éviter certaines situations de crise voire retarder l’entrée en institution.

Comment s'organise le bilan neuropsychologique d’orientation gériatrique ?

Un bilan neuropsychologique dans le cadre du vieillissement se déroule en plusieurs parties :

Un premier entretien d’1h retraçant la demande et l’histoire de vie de la personne permet de voir d’éventuelles autres atteintes psychologiques à prendre en compte pour le choix des tests et des questionnaires.

Puis dans un second temps, la passation de ces tests et questionnaires se font sur une durée de 2h ou deux fois 2h selon les besoins et si la personne a déjà passé un bilan cognitif.

Un compte rendu complet est ensuite restitué au patient et aux personnes de son choix, que ce soit la famille ou les différents professionnels de santé.

A noter un temps incompressible entre la passation des tests et la restitution du compte-rendu afin de coter, interpréter et rédiger. 

Le compte rendu intègre les recommandations et les propositions et d’accompagnement. 

Le coût global du bilan est entre 480 euros et 600 euros.

 

 

Les personnes qui suite au bilan neuropsychologique apprennent la présence de troubles cognitifs légers justifient un suivi régulier avec un bilan cognitif qui peut être fait annuellement.

Le bilan effectué antérieurement permet ainsi d’observer toute évolution dans les sphères cognitive, psychologique et comportementale.

Dans certains cas spécifiques, le bilan neuropsychologique peut être effectué au domicile de la personne âgée.